White Noise Sound<br />« White Noise Sound »

Blanc cassé

Attention, le son du bruit blanc s’apprête à éclabousser vos oreilles. Après quatre ans de recherches sonores, voici White Noise Sound, en direct du Pays de Galle, et sa première galette, via le label US Alive : une impressionnante réussite, les yeux s’écarquillent, les pupilles se dilatent et le cœur s’emballe.

White Noise Sound navigue quelque part dans un triangle des Bermudes psyché, entre Suicide, Spacemen 3, le BJM errant et orientalisant, et quelques autres encore. Sans jamais s’y perdre, la dragée haute. Ces irréductibles Gallois ont d’ailleurs partagé la route de certains, gardé des accointances avec d’autres, Peter ‘Sonic Boom’ Kember en particulier. Leur album est un tissu sonore rampant, sans concession, raffiné aux synthés qui crépitent ; les six garçons de WNS pétrissent la matière, entremêlent claviers et guitares dans neuf pièces à la fois épiques et psychédéliques. Et leur vaisseau voyage, le disque arrive loin de son point de départ.

 

 

 

Trip. Le trip commence à grand renfort de synthétiseurs analogiques chuintant, bourdonnant, grésillant, qui vont et viennent ensuite dans le disque, sans jamais sonner plastique ou eighties comme dans trop de désagréables succès pop actuels. Sunset, synthétique et décadent (une boîte-à-rythme primitive), bascule dans le bruitisme séditieux avec riff opiniâtre et poisseux, façon Singapore Sling – peu avenant, limite vindicatif ! It Is Here For You plane dans une torpeur tropicale dans la plus pure tradition du shoot d’éther, avant d’exploser. Tout aussi inquiétant et entre deux eaux troubles, Fire In The Still Sea remonte vers des paysages plus nordiques, froids et désolés, avec chant des mouettes et ressac.

Le disque balance entre violence et rêveries instables. Blood et Blood (Reprise) s’enchaînent et se répondent, l’une percutante et immédiate quand l’autre divague carrément comme un ectoplasme dans le vide astral : ça ronronne, ça siffle aux oreilles, ça larsen, ça bégaye dans les effets… No Place To Hide s’extirpe des limbes et d’une intro flottante par une sortie de piste où la batterie obstinée embras(s)e les tympans. Au milieu, There Is No Tomorrow change de couleur, du violoncelle aux cuivres, tandis que Don’t Wait For Me aspire dans une vrille de sitar et de cordes, avant de se fondre dans (In Both) Dreams & Ecstasies où toute l’instrumentation concorde aux ondulations spatio-temporelles de leur wall of sound cosmique.

 

 

White Noise Sound impose avec ce premier disque un caractère bien trempé et un surprenant savoir-faire noise, trente-cinq années de psychédélisme digérées comme des drogues louches, mélange moderne entre dureté froide et puissance magmatique. Du psyché puissant qui raye le parquet. Vous en voudrez encore.

Flavien.G

White Noise Sound, « White Noise Sound », Alive Records

Site officiel

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