The Jim Jones Revue, Paris, Le Nouveau Casino, 13 mai 2010

La Revue au Casino

Autant dire que le débat sur l’état du rock, entre « passéisme », « nostalgie » et « retour salvateur à son essence », n’est pas près d’être clos. Aucun doute en tout cas sur le Jim Jones Revue : flash back toute ! Ces hooligans du rock’n’roll prétendent être là pour sauver nos âmes. Faut voir.

Il y a chez ces cinq Anglais trop bien sapés quelque chose des Dolls de New York ou des Flamin’ Groovies de San Francisco, cette fascination pour le rock’n’roll et l’énergie pure. Avec ce côté british sur le pudding. Chemise pour tout le monde, veston et costard en option : la classe américaine. Groupe à tiroirs selon certains, avec un guitariste et un bassiste qui se font des politesses et se laissent successivement « faire genre », sur le devant de la scène. Mais le gros du spectacle à lieu de l’autre côté avec un pianiste totalement hallucinant. Elliot Mortimer pilonne son piano à fond la caisse, les doigts qui dévalent, des montées et des descentes comme des great balls of fire.

Et puis il y a Jim Jones, frontman électrique qui prend la pose et donnerait volontiers sa guitare en pâture à la fosse. En showman invétéré, il tient le public comme son pied de micro : d’une pogne ferme. Il le harangue plus souvent qu’à son tour et obtient en retour tous les « yeah » escomptés. Sans ménager sa peine, la chemise à motifs python rapidement imbibée, les cordes vocales arrachées. Gentleman, Jones invite les agités à faire attention aux filles… qui dansent, car bien sûr, ça secoue dans les premiers rangs.

Seulement, les limites vocales de Mr. Jones semblent rapidement atteintes et on a parfois l’impression de tourner en rond sur la même chanson, le même tempo, les mêmes gimmicks. Jusqu’à la caricature. Leur réputation scénique les avait pourtant précédés et ce n’est pas la sueur qui manque, mais le flash ne viendra pas… Les aficionados, eux, ne semblent pas mécontent d’avoir les Jim Jones revus.

Flavien Giraud

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