Garage Band
En Amérique, ils ont des garages. Et à Detroit Motor City, ils ont les Hentchmen. En France, Superbus (Super-fuckin’-bus) joue à la Cigale, tandis que nos trois individus speedent à en décoller le papier peint pour sauver une Boule Noire morne comme un jeudi de septembre.
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Depuis 92, les trois Hentchmen traînent leurs silhouettes d’éternels étudiants avec toute la nonchalance dévolue à la cause rock’n’roll. Oui 1992, le vingtième siècle. Bien avant les années « deux milles ». Dans le sous-sol rincé de la Boule Noire, on assiste à une délicieuse mise à mort des seventies exubérantes, des heighties en plastique et des nineties intello : un retour salvateur (au bas mot) à un essentiel hirsute. Ces gentle-Hentchemen enchaînent les titres comme on drive dans les suburbs du Michigan et braillent dans leur micro « comme si leur vie en dépendait » – alors qu’en fait c’est juste du rock’n’roll. Le rock’n’roll.
Mister John Szymanski est un disciple sous vitamines de Manzarek, avec son Hohner Bass 3 pour les fréquences rasant les pâquerettes, guêpe et bourdon au Farfisa made in Italy. Avec sa guitare électrique à caisse, le gringalet Tim Purrier en fait des tonnes décontractées, défie le public comme un buddy Holly punk blond avec lunettes et mèche de cheveux. Le pied à l’étrier, l’autre, avec morgue, sur l’orgue compact de son comparse. Et derrière, Mike Latulippe – sabre au clair – laboure les fûts, le regard dans le vide, concentré sur son Malabar® triple Bazooka®®, option grosses bulles. Bollocks à tous les étages.
Damned ! Le show manque de virer politique quand surgit un drapeau de Solidarnosc, mais il était dit que rien, non rien, ne ferait dévier les légendaires Hentchmen de leur route.
Virgile Dufana






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