The Dandy Warhols, Paris, La Cigale, 26 juillet 2010

My Taylor-Taylor is rich

Les paradoxes ne font pas peur aux Dandy Warhols. On se souvient que le râleur Courtney Taylor-2-fois ne passe pas devant la caméra d’Ondi Timoner sans y aller de son petit couplet anti-major et que le groupe a quitté Capitol sans demander son reste en 2007. Mais c’est bien pour la promotion de leur premier best-of, innocemment intitulé « The Capitol Years 1995 – 2007 » et célébrant les années passées dans le célèbre stack building de Los Angeles, que le groupe de Portland remplissait sans mal la Cigale en plein milieu de l’été.

Gare aux retardataires, à 19h30 pétantes, les petits protégés Fake Drugs déclaraient les festivités ouvertes. Originaires de Portland comme les Dandys qui les ramenaient ce soir, les trois garçons ont encore beaucoup à apprendre de leurs aînés : outre un batteur à la ramasse qui a rapidement dû s’équiper d’un métronome pour tenir le tempo, les gesticulations du chanteur, vêtu d’un charmant T-shirt à paillettes, ont rapidement eu raison de sa voix. Deux chansons plus tard, les curieux sont déjà retournés à leurs discussions… Difficile de compter sur un guitariste autiste pour relever la sauce : les bien-nommés Fake Drugs ne nous ont pas fait planer.

Pour chauffer l’ambiance, on comptera donc plutôt sur la playlist proposée entre les deux sets qui, des Modern Lovers aux Black Angels, explore ce que les garages des banlieues américaines ont donné de meilleur. Vacances obligent, le public présent ce soir est d’un éclectisme rafraichissant : le contraste avec les foules pubères des concerts du BJM ou du BRMC est frappant. Tout le monde dodeline de la tête au son des orgues 60’s dans une bonne humeur enthousiasmante, jusqu’à ce qu’une lumière rouge envahisse la scène et que l’ombre des quatre Dandys s’y dessine.

Mohammed permet d’entrée de jeu de se rassurer : la qualité est au rendez-vous une fois de plus. Après leur excellent concert au Bataclan en 2008, les Dandys font mentir leur réputation d’inconstance et We Used To Be Friends, premier moment fort de la soirée, confirme que Courtney peut être un vrai chanteur. Shakin’, You Were The Last High, vous avez dit « best-of » ? Les Dandy ne font pas de fioritures et alignent avec panache les tubes 36-tonnes, enchaînent les refrains accrocheurs et ne ménagent pas leur public, aux anges. S’il faut prouver qu’ils s’attachent à leurs racines psyché, I Love You atteint des sommets et étire son final bruitiste, pendant lequel Peter Holmström peut étaler toute sa virtuosité, servie par Brent de Boer, toutes moustaches dehors, aux commandes d’une batterie peu avare de contretemps et de breaks qui nous amène à chaque fois un peu plus vers le climax. On reprend à peine nos esprits sur Now You Love Me, tiré de « Earth To The Dandy Warhols », que le groupe a sorti en 2008 sur son propre label mais pourtant bien représenté ce soir, avant d’être à nouveau pris dans les rouleaux implacables, de Not If You Were The Last Junkie On Earth à Boys Better.

Chaque membre assure à son poste : le discret Peter est assigné aux larsens, tandis qu’à l’opposé, Zia, caution sympathique des quatre, communique sa bonne humeur et assure derrière son étal de claviers et percussions en tout genre. Une fois n’est pas coutume, la batterie est aussi au premier plan, mais Brent de Boer restera concentré, laissant à Taylor le soin de faire le bilan de 15 ans de carrière : « It’s so good to be the Dandy Warhols ! ». La première partie du set s’achève sur un hymne à l’oisiveté, chanté par Courtney seul : Everyday Should Be A Holiday passe l’épreuve de l’épure et s’achève sous les applaudissements d’une foule exténuée, alors que chacun reprend son poste. Après un torrent de remerciements, le chanteur annonce la suite d’un laconique « Let’s speed up… ». Si elle ne durera finalement que neuf minutes, It’s A Fast-Driving Rave Up With The Dandy Warhols 16 Minutes est une dernière occasion de se laisser exploser la tête et sera le seul morceau tiré de leur premier effort, « Dandys Rule, OK ? ».

Zia conclut sur une petite comptine chantée a capella et nous promet de revenir bientôt, laissant un public ravi. Andy Warhol pensait que chacun avait droit à ses quinze minutes de célébrité : déjà quinze ans pour les Dandys, et on espère que ça continue.

Jean-Philippe Régnier

Setlist :
Mohammed / We Used To Be Friends / Shakin’ / Welcome To The Third World / You Were The Last High / You Come In Burned / I Love You / Now You Love Me / All The Money And The Simple Life, Honey / Not If You Were The Last Junkie On Earth / Bohemian Like You / Talk Radio / Godless / Get Off / Horse PillsSolid / Wasp In The Lotus / Boys BetterCountry Leaver / Everyday Should Be A Holiday // It’s A Fast-Driving Rave Up With The Dandy Warhols 16 Minutes / Zia’s Encore

The Dandy Warhols on Myspace

Site officiel

Lire aussi la chronique de « The Dandy Warhols Are Sound » et l’interview de Pete Holmström, ainsi que le live report du concert au Bataclan en décembre 2008.



  1. Laurent on Lundi 2, 2010

    J’approuve !!! Des deux mains et des deux pieds…


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