Aventuriez-sous-Bois
Si vous n’avez jamais entendu parler du Festival des Aventuriers, ne vous en blâmez pas. Il faut dire que l’idée d’un festival à Fontenay-sous-Bois peut paraître exotique. Cela dit quand la paire Legendary Tigerman / BellRays a été annoncée, il a bien fallu se rendre à l’évidence : nous irions à « Fontenay-sous ».
Le Festival a d’ailleurs pris l’initiative de proposer une navette gratuite aux Parisiens paresseux, qui se rendent ainsi à la salle Jacques Brel confortablement installés dans un de ces grands cars qui jadis nous transportaient allègrement quand nous partions en « colo ».
La salle est encore aux trois quarts vide quand Paulo Furtado aka The Legendary Tigerman arrive sur scène. Peu démonté par le peu de personnes présentes, Tigerman entame son set par le sensuel Life Ain’t Enough For You. Comme à son habitude lors de la tournée « Femina », un écran projette les clips de ses collaboratrices. La voix d’Asia Argento et son visage sur écran géant ont aussitôt fait de convaincre le public qui s’éloigne du bar pour timidement se rapprocher de la scène, charmé par le pouvoir minimaliste du Portugais. La setlist ne change guère des précédents concerts (Cool Soul Festival ) mais la capacité d’emplir l’espace du son de Furtado fait mouche à chaque fois. Le blues (re)vit avec l’assurance d’un artiste qui est certes bien rôdé à l’exercice du live mais qui partage avec entrain son mode de vie. L’apothéose vient avec l’arrivée de Lisa Kekaula sur scène. Son sourire et sa robe à franges font oublier son trou de mémoire au début de The Saddest Thing To Say, et le set se termine sur Big Black Boat avec le pari réussi d’avoir entraîné toute la salle dans un monde charnel où le blues se joue dans son plus simple appareil (Naked Blues !).
Il eût été logique de programmer les BellRays juste après The Legendary Tigerman car les deux groupes sont extrêmement proches, la puissance de Lisa Kekaula rivalisant amplement avec celle de Paulo Furtado, mais le festival a choisi d’intercaler Little Bob entre les deux. Il semble que la majorité du public se soit déplacée pour le Petit Bob qui officie depuis les années 70 et a conservé toute son énergie. Cependant, on ne peut s’empêcher de trouver certains titres longs et les poses du Monsieur et de ses musiciens un peu convenues. Un rock classique mais peu de morceaux fédérateurs. Little Bob gâte ses fans en multipliant les « bandes de nazes » et les cache-cache derrière la contrebasse. Après 1h de concert, le Français laisse la place aux BellRays.
On retrouve avec plaisir le groupe californien. Que dire sur les BellRays sans tomber dans les poncifs ? Ce groupe prolixe tourne énormément et a imposé son énergie dans la scène rock actuelle. Les titres s’enchaînent à la vitesse de l’éclair et Lisa Kekaula ne nous laisse pas le temps de respirer. Take a break Lisa ! Le groupe pousse à la participation et comment ne pas être embarqué dans la frénésie de Lisa, les appels de Justin, les sauts exceptionnels de Bob Vennum (mention spéciale) ? Et ce malgré les problèmes techniques de basse en début de show (et le coup d’œil de Lisa à son bassiste : « continue de jouer je t’ai dit ! »), de guitare trop ou pas assez forte, et le pauvre Paulo Furtado qui, invité pour jouer un solo, se retrouve avec une guitare quasi-muette. Après un rappel dans lequel Lisa se fond dans la foule, les BellRays nous laissent lessivés mais ravis d’avoir, encore une fois, assisté à leur folie rock’n’roll.
Sous la pluie, le car-navette nous ramène gentiment vers la capitale, et on pense déjà aux autres festivals blues qui nous tendent les bras en 2012. Qui a dit que le blues était mort ?
Sabrina Martin
The Legendary Tigerman on Myspace
The BellRays sur Rock Times. The Legendary Tigerman sur Rock Times.





Little Bob c’est Philippe Gildas, non?