Popa Chubby, Le Bataclan, 15 mars 2010

Le blues venu du Bronx

Popa Chubby a toujours aimé la France… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public hexagonal le lui rend bien ! De passage au Bataclan les 14 et 15 mars derniers, le New Yorkais a une nouvelle fois fait montre de son talent. Nouveaux titres, hommages aux plus grands et longs solos inspirés étaient au rendez-vous.

Que le Bataclan semble vide en configuration assise… Avec ses fauteuils bien alignés et son balcon vierge de tout public, le lieu ressemble plus à un cinéma qu’à une salle de spectacle. Passé outre cet aménagement peu propice à un concert, la soirée débute avec  le trio Paul Camilleri. Efficace et loin d’être déplaisante, la prestation blues rock du groupe sera une excellente entrée en matière avant d’accueillir l’homme de la soirée, Popa Chubby.

En référence à son dernier album « The Fight Is On », le New Yorkais entre en scène sur la bande originale du thème de Rocky, Gonna Fly Now. Par mysticisme ou superstition, deux bâtons d’encens coincés dans l’ampli dans se consument nonchalamment. La scène « purifiée » de tout esprit malfaisant, le guitariste entre immédiatement dans le vif du sujet avec les morceaux de son nouvel opus. En seulement quelques mesures, l’Américain prend son envol. Derrière lui, le groupe déroule un rythmique basse / batterie exemplaire. Un formidable écrin pour les longs solos qu’affectionne particulièrement l’artiste. Venu défendre son dernier album, Popa Chubby ne s’éternisera pas pour autant sur ses propres compositions. Comme à l’accoutumée, il proposera à son public une flopée de reprises, toutes parfaitement interprétées.

Joute rythmique. Dans un Bataclan bien plus sage que d’ordinaire, l’intro de Hey Joe est instantanément saluée par les acclamations du public. Premier titre d’une longue série d’hommages au maître gaucher, le morceau sera suivi de Catfish Blues, Red House, The Wind Cries Mary et plus tard, d’une version de Little Wing belle à donner la chair de poule. Dans la série clins d’œil aux icônes, l’ami Popa sait également se faire subtile et discret, comme avec NYC 1977 Til… issu de « The Fight Is On ». Empruntant pour l’occasion la rythmique et les chœurs de Walk On The Wild Side, le bluesman scande son attachement à la Big Apple de son enfance et, au milieu du titre,  glissera quelques phrases du New York, New York de Frank Sinatra. Autre marque de fabrique de la « Popa Chubby Factory », une large place est laissée à l’improvisation. Un régal pour le public qui, pour le coup, n’assiste pas à une redite de l’album mais bel et bien à un spectacle vivant. Après un long solo de batterie, Popa s’emparera d’une caisse claire pour un duel de questions / réponses avec son batteur. Peu à peu, avec le bassiste rentrant dans la joute rythmique, les trois hommes s’envoleront vers des sommets inégalés, synonymes de fin de concert. Durant plus de deux heures, Popa Chubby a une nouvelle fois prouvé sa grande maîtrise des classiques. En revanche, bien que très bonnes, ses compositions ne suscitent pas le même engouement du public… Peut-être, est-ce là le résultat du choix assumé de la reprise. Qu’importe, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, ce parti pris semble autant ravir le guitariste que son public.

Florian Garcia

Site officiel
Popa Chubby on Myspace



  1. paul on Mercredi 17, 2010

    Moi je l’aime bien ce gros monsieur!

  2. BENJAMIN on Mercredi 17, 2010

    popa chubby est un genie du blues


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