Une lumière dans la nuit
Il s’agissait donc d’embarquer sur le Batofar, amarré aux quais du 13ème, sous les lumières vitreuses de la bibliothèque François Mitterrand, où les Mini Jupe Rock Party s’emploient chaque mardi à faire tanguer la jeunesse rock parisienne, car oui, bon sang, il y en a une.
Sans se poser de question The Red Ladies entrent dans le vif du sujet, plus red que ladies, car les guitares sont dans le rouge. Derrière leur libre expression capillaire, les quatre bastonnent un rock 70’s à grand renfort de riffs heavy lourds et bagarres de guitares, les solos hurlant à qui le mieux dans le bas du manche, soutenus par une basse aux ailes de feu. Et au milieu, le chant qui, déjà, se déchire impétueusement…
6Noir prend la relève, le son travaillé, la guitare et la voix bien en avant. Une voix capable là aussi de se durcir et s’érailler, évoquant parfois celle d’un Julian ‘The Stroke’ Casablancas en colère. Et lorsque ce chanteur à la crinière folle empoigne un harmonica, leur musique se rapproche un peu plus encore du Black Rebel Motorcycle Club. Sans en faire des caisses façon frontman, il s’accroche à son pied de micro, le bras dans le dos, à la manière d’un Gallagher en vacances à Avoriaz. C’est qu’il fait froid ce soir, d’où le pull. Et puis le batteur porte un marcel de matelot, chacun son truc !
The Red Ladies et 6Noir
A leur suite Mister Soap et ses Smiling Tomatoes, ne sourient pas tant que ça et se décalent vers une british pop plus calibrée, déroulée avec un peu moins d’énergie et de cohésion. Pourtant le chant pourrait parfois évoquer un certain Doherty, et les guitares, les Beatles à Hambourg.
Viennent enfin les Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa (et cætera diront certains) qui investissent l’espace avec un son hérité de Spacemen 3 et de la prolixe scène psychédélique américaine – au hasard, Brian Jonestown Massacre, Warlocks et Black Angels, pour ne citer qu’eux. D’entrée, la batterie est surpuissante. Mais pendant ce temps, les guitares, l’une dans l’autre, se taillent la part du lion en dents de scie, se télescopant dans des riffs fuzz hachés pour mieux se vautrer dans l’écho, en soulevant des gerbes colorées qui enverraient le moindre hippie dans la stratosphère, tandis que s’élève la voix plaintive. On en vient presque à regretter que les morceaux ne s’étirent pas plus…
Mister Soap & The Smiling Tomatoes et The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa
A voir le jeune âge et l’héritage de ces gus, il est clair qu’il s’est bel et bien passé quelque chose de rock ces dernières années pour voir ainsi défiler les guitares. Et avec un boucan pareil, ils vont finir par se faire remarquer.
Flavien Giraud
Mister Soap & The Smiling Tomatoes on Myspace
The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa on Myspace





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