Midlake, Paris, Le Nouveau Casino, 2 février 2010

Hymne à la joie

Valium et cotillons pour tout le monde ! Hallelujah, Midlake est à Paris avec un nouvel album. On se demandait un peu si on aurait un jour de leurs nouvelles (le précédent disque, « The Trials Of Van Occupanther », remontait à 2006), ou si le quintette texan ne s’était pas tout bonnement évaporé, mais non, on les a laissé sortir semble-t-il, et, manifestement, avec une ordonnance.

Les festivités s’ouvrent sur un trio folk emmené par Sarah Jaffe, une chanteuse du même patelin – Denton, Texas – et qui accompagne nos joyeux lurons sur cette tournée. La demoiselle évoque parfois Cat Power, sa voix avec du velours dedans et des atmosphères invitant au recueillement…

Midlake, en chair, en os et en peinture

Puis Midlake prend ses quartiers, les deux pieds dans le nouveau disque. Ambiance ! Qui n’a pas son nœud coulant ? Sur scène, la bande à Tim Smith se produit à sept, mais tout s’entend bien distinctement à commencer par les jolies harmonies de voix et les volutes de flûte. A vrai dire le volume sonore est particulièrement bas et on entendrait une mouche péter (ce qui aurait eu le mérite de détendre l’atmosphère). A sept donc, et c’est assez pour être un peu tassés sur scène. D’autant qu’une grande toile tendue derrière montre la pochette qui les voit se dédoubler : on n’a rarement vu autant de barbus réunis ; surtout sous cette lumière rosâtre dans laquelle ils baignent. A sept, ce qui fait que, si l’on compte bien, la plupart des morceaux sont joués non pas avec une, ni deux, ni trois, mais quatre guitares dédiées à la mise en espace des chansons du barde qui joue principalement assis. Si celui-ci est assurément brillant, on ne peut pas dire qu’il rayonne pour autant… A sa droite Lancelot se charge de le remplacer à la flûte traversière – car oui, sinon, comment chanter ? – et au clavier pour quelques parties de piano et de clavecin.

Tim Smith, Jésus triste

La flûte est désormais quasi-omniprésente, et on n’en avait jamais autant entendu depuis le Moyen Âge et Jethro Tull. Les arrangements sont somptueux et le chant de Tim Smith profond, certes, mais les titres de « The Courage Of Others » s’enchaînent et s’enfoncent dans une monotonie que seuls quelques points d’orgue à trois voix viennent rompre ; ou lorsque les guitares feignent de s’emballer. Et encore. Au bout de quelques morceaux de psychanalyse, on en vient à se demander ce qu’on fait là au Nouveau Casino, avec ses grandes écailles cuivrées de tortue star treck au plafond, plutôt qu’au Divan du Monde où l’on aurait pu s’allonger et envisager sereinement de décortiquer avec le groupe les mécanismes de la souffrance quantique.
Non, il faut que le groupe se lance en incursion dans l’album précédent pour que l’encéphalogramme s’agite et que le cœur des fans nostalgiques s’emballe. Le toujours merveilleux Van Occupanther – que cette chanson est belle – et le classique Roscoe contrastent par leur vie, leur rythme, l’émotion qu’ils véhiculent. Et My Young Bride aurait presque un petit côté disco !

Midlake, c’est pas du pipeau

Le concert se termine finalement sur un Head Home prétexte à un solo de guitare au son un peu trop poli, et Branches est une bien belle chanson mais fait un maigre rappel. C’est tout. Et c’est un peu dommage.

Flavien.G

Setlist par F.Garcia et Céline M. :
Winter Dies* / The Horn* / Small Mountain* / Van Occupanther / Roscoe / Rulers, Ruling All Things* / Core Of Nature* / Children Of The Grounds* / Acts Of Man* / The Courage Of Others* / Bandits / Young Bride / Fortune* / Bring Down* / Head Home // Branches

*« The Courage Of Others »

Site Officiel

Midlake on Myspace




  1. Sens Interdit on Mercredi 3, 2010

    Cher Rock Times,
    Je lis vos articles depuis la création du site et je suis d’habitude très sensible à vos paroles. Mais sur le concert de Midlake au Nouveau Casino le 02/02, je suis hélas très déçu par l’article..
    Étions-nous au même concert ?? Ou alors peut être que votre esprit anticipait celui, toujours en février, de Kevin Costner (qui a appris la guitare entre Danse avec les loups et Waterworld) ?
    J’aurais préféré que vous laissiez les mouches tranquilles – si vous avez eu des problèmes de flatulence pendant le concert et que cela s’est entendu entre deux chansons, cela ne regarde que vous. Et que vous nous parliez un peu plus de musique. De la magie qui se dégage des harmonies vocales (chaque niveau de voix suit un chemin tout sauf évident) et cela dure pendant tout le concert. De la symbiose des guitares (que vous avez réussi à compter, félicitation..), qui s’entremêlent pour laisser la place à cette voix très envoûtante du « barde » comme vous l’appelez.
    Certes, on peut ne pas aimer la flute qui est omniprésente mais qui apporte cette nouveauté lorsque le groupe attaque des anciennes chansons.
    Certes le troisième album est moins bon que le précédent et le cœur s’emballe sur des classiques comme Roscoe ou Head home, mais cela n’est pas nouveau (à moins que ce soit votre premier concert en live??)
    Et cela n’enlève rien à la prestation impressionnante de Midlake et à son répertoire qui continue encore après trois jours à tourner dans ma tête.

    Sur ce, vous faites toujours du super boulot, j’espère juste que vous n’avez pas des problèmes de couple qui pourraient nuire à votre vision de cette incroyable scène que vous nous « reportez ».
    Cordialement,

    Sens Interdit


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