Hell’s Kitchen + Mustang + Bob Log III, Les Nuits de l’Alligator, Paris, La Maroquinerie, 22 février 2010

Machine à laver et cosmonaute blues

Lundi 22 février, trois groupes étaient à l’affiche de cette nouvelle édition parisienne des Nuits de l’Alligator. Tandis que Mustang revisitait les débuts du rock’n’roll, Hell’s Kitchen et Bob Log III ont rendu toutes ses lettres de noblesse au blues…

« Déclaptoniser le blues »… Soufflé par Josh Homme, leader de Queens Of The Stone Age et plus récemment de Them Crooked Vultures, cet adage a, sans complexe, été immédiatement adopté par le trio suisse, Hell’s Kitchen. Autant influencés par les pionniers du blues que par la musique industrielle, les trois musiciens ont pris soin de recréer leur univers sur la scène de la Maroquinerie. Avec une batterie aux allures de vide-grenier, car agrémentée d’un tambour de machine à laver, d’une poubelle et d’une pelle métalliques ou encore d’un fouet à pâtisserie, les Genevois ont chauffé la salle comme il se doit. Derrière cet aspect foutraque, Hell’s Kitchen réussit l’essentiel : proposer de vraies compositions. Voix éraillée et bottleneck sur l’auriculaire, Monney B chante le blues comme Son House ou Robert Johnson l’ont fait 60 ans plus tôt. Tout est dans le feeling… D’autant que le guitariste peut compter sur une solide assise rythmique, avec la contrebasse de Ryser C et les « percuteries » de Taillefert C en toile de fond. Energique, Monney B  ponctuera le concert de nombreux « youpiii » ! Au comble de la satisfaction, il se livrera même à une nouvelle discipline, le lancer de disques dans le public que les plus adroits s’empresseront de saisir au vol.

Hell’s Kitchen, tambour battant

Deuxième groupe à se produire, Mustang débarque looké comme jamais. Banane et gomina pour le chanteur, fines bretelles pour le bassiste et moustaches surplombées de Ray Ban Aviator pour le batteur. Si le groupe affiche une grande cohésion sur les titres instrumentaux, les titres chantés sont moins accrocheurs. Un peu convenu, le rockabilly façon Elvis chanté en français apparaît vite daté et surtout, tranche avec la programmation blues de la soirée.

Bob Log III, décollage imminent

Tête d’affiche, Bob Log III entre en scène sur le coup de 22 heures. Vêtu de son habit de patineur et planqué sous son casque de cosmonaute sur lequel est greffé un combiné téléphonique ancienne époque, l’homme-orchestre entre immédiatement dans le vif du sujet. Bien plus organisé qu’il en a l’air, le bazar du loufoque musicien est parfaitement maîtrisé. Guitare en bandoulière, grosse caisse sous le pied droit, tambourin sous le pied gauche et une boîte à rythme posée à ses côtés seront les uniques armes de ce « One man band » autoproclamé. L’étiquette est loin d’être usurpée tant la prestation de l’Américain est surprenante. Maniant aussi bien l’humour que les riffs blues, Bob Log réussit la prouesse de tenir un concert de plus d’une heure, seul en scène, sans ennuyer le public. Tout au long de sa prestation, ses fans lui offriront moult bières et whisky. Fidèle à sa réputation, il invitera une jeune demoiselle à s’asseoir sur ses remuants genoux pour un titre. Un siège qui  s’avère pour le moins instable… Enfin, l’Américain s’offrira deux petits bains de foule sans pour autant lâcher sa six cordes. Après un rappel du même acabit, les lumières s’éteignent peu après 23h30. Il est grand temps pour le public de regagner ses pénates… car la programmation des Nuits de l’Alligator réserve encore bien des surprises.

Florian Garcia

Hell’s Kitchen on Myspace
Mustang on Myspace
Bob Log III on Myspace

Site officiel des Nuits de l’Alligator

Lire aussi les INTERVIEWS de Bob Log III et de Hell’s Kitchen.




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