Gliss, Paris, Le Point Ephémère, 29 novembre 2009

Métaphore du sort du rock indépendant

Par un dimanche soir automnal, dans une nuit froide et humide, le long du canal Saint-Martin, le Point Ephémère est désespérément vide pour accueillir Gliss. C’est que les Californiens baignent tout simplement dans l’anonymat, et que nul n’a jugé nécessaire de leur adjoindre un second groupe pour étoffer la soirée.

Le groupe est pourtant loin de démériter. Martin Klingman, David Reiss et la danoise Victoria Cecilia se présentent dans la sacro-sainte formule du trio, s’échangeant allègrement guitare, basse et batterie, au nom d’un shoegazing tantôt cotonneux, tantôt emporté, toujours tortueux. Discrets avec leur look east-coast chic (silhouette blonde platinée en sus), ces trois-là n’ont pas besoin de grand-chose pour mélanger un bruit sale à leurs mélodies de pop sombre. Une batterie sommaire, une basse qui gronde et ne crache pas sur un peu de fuzz ; quant à la guitare Jazzmaster, elle réussit avec peu d’artifices à reproduire les arrangements psychédéliques et troubles qui écorchent leurs morceaux.

gliss-point éphémère

Pendant un chant des Gliss…


Lovers In The Bathroom lorgne définitivement du côté du Black Rebel Motorcycle Club, notamment par la voix de Martin Klingman, qui au détour d’un refrain s’avère capable d’atteindre des sommets de fausset, comme dans la très belle Love Songs, une des pièces maîtresses du set. Morning Light, chantée en binôme avec Victoria, au rythme d’un tambourin réverbéré et d’un gimmick de guitare entêtant, évoque décidément les Raveonettes avec talent. De plaisantes références qui s’ajoutent à un son très « Psychocandy », et met le groupe sur les rangs d’une nouvelle génération indie, qui n’a pas fini de révéler son potentiel. Ainsi Gliss a quelque chose du pendant noisy de la belle pop lo-fi mélancolique de leurs homologues Papercuts de San Francisco.

Après un set court et un bref rappel, les Gliss disparaissent bien vite, mais il serait malvenu de les enterrer suite à cette ingrate soirée, car le trio n’a certainement pas dit son dernier mot.

Flavien Giraud


Setlist par Céline M. :
Black Is Blue (new song) / Lovers In The Bathroom* / Tragically Hip / 29 Acts Of Love* / Love Songs* / new song / Morning Light* / Anybody Inside* / Kick In Your Heart / Blue Sky // Sad Eyes*

*de l’album « Devotion Implosion »

Gliss on Myspace

Lire l’interview de Gliss.

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  1. [...] à Florian Garcia pour son autorisation d’utilisation des photos. Lire aussi la chronique du concert de Flavien Giraud, sur Rock [...]


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