Powersolo : Interview

Powersolo à nu

Définir la musique du trio danois Powersolo relève de l’exercice de style… « C’est entre le ronflement d’un bébé, un geyser en éruption, les cris d’une actrice porno et quelqu’un qui mange des patates au jus de viande », explique le caustique Kim Jeppesen, fondateur du groupe, en fin d’entretien, « mais c’est avant tout une sérieuse façon de s’amuser ! ».

Vous êtes frères, depuis combien de temps jouez-vous tous les deux ?
Kim Jeppesen – Kim Kix : Depuis 1998 dans Powersolo. Nous étions dans d’autres groupes avant ça.

Nous vous avons découverts grâce à Heavy Trash. Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Jon Spencer et Matt Verta-Ray ?
Kim :
Ça s’est produit un peu par erreur. Nous étions en concert à New York. Jon s’est pointé car il connaissait notre batteur, il n’est pas venu pour Powersolo ! Mais il a aimé notre groupe. Nous avons donc pris un verre tous ensemble et discuté de nos goûts musicaux communs. Ensuite, il nous a raconté qu’avec Matt, ils avaient le projet de monter un groupe qui s’appellerait Heavy Trash…
Bo Jeppersen – Atomic Child : Nous avons participé à l’enregistrement de leur deuxième album et surtout de leur troisième, « Midnight Soul Serenade ».

Kim & Bo à La Flèche d’Or, Paris, le 14 mai 2010

Pouvez-vous nous en dire plus sur la musique que vous aimez ou qui vous inspire ?
Kim :
Toutes les bonnes musiques ; celles qui  ont un effet sur ton état d’esprit, qui te font ressentir quelque chose. Il n’y en a pas une que j’écoute plus qu’une autre. Je n’aime pas la musique trop carrée.
Bo : Je n’écoute pas plus de musique que ça… à part Win ! L’inspiration peut venir de n’importe où : du rockabilly, de la pop rock, de tout un tas de choses. J’ai du mal à mettre le doigt dessus. Je suis probablement inspiré par une partie de la musique que j’écoute mais c’est inconscient.

Avez-vous beaucoup de projets parallèles ?
Kim :
Oui, pour huiler le moteur, pour que Powersolo continue de fonctionner. Si on joue toujours avec le même groupe, ça devient un peu lassant, je pense. On y croit moins, on devient fainéant… Les projets parallèles sont nécessaires, ils nous aident à poursuivre le reste. Mais nous les faisons parce qu’ils nous plaisent.

Au niveau de la composition, comment ça se passe ?
Kim :
Je réunis des mots, les dépose sur le papier. Puis je vais au studio avec un riff, je bosse dessus et tout se met en place. Parfois, Bo apporte une très bonne idée avec une partie de batterie ou de guitare.

Votre dernier album, « Bloodsinkbones », date de 2009, où en êtes-vous ?
Bo :
Un nouvel album devrait sortir cet automne, si tout va bien. Tout ce que nous avons enregistré est à l’état d’idées, de démos.
Kim : Il s’agit peut-être de l’album tel qu’il sortira ! Nous enregistrons des trucs mais nous sommes pris par beaucoup d’autres choses : nos projets parallèles, les tournées, nos enfants, nos femmes…
Bo : Mais il est parfois bon pour l’inspiration de partir pendant quelques semaines en tournée. Parfois, il se passe des choses sur scène, des idées nous viennent et nous pouvons les utiliser à notre retour.

Vous êtes très régulièrement en tournée, comment se passe un concert de Powersolo ?
Kim :
Il nous arrive de jouer de nouvelles chansons si nous en avons sous le coude ou de changer notre setlist en cours de route : nous ne jouons jamais la même deux soirs de suite. Nous notons les titres sur un bout de papier pour les premières dates d’une tournée – d’autant que Sly, notre batteur, est arrivé récemment dans le groupe – mais après, on se donne plus de liberté. Chaque soir est différent, chaque endroit où nous jouons est différent, chaque public est différent… Alors on s’adapte !
Sly : C’est beaucoup plus drôle comme ça parce qu’on doit rester attentif à ce que font les deux autres mecs, au lieu de dérouler automatiquement la même setlist.
Bo : Ce serait vraiment très ennuyeux de jouer les mêmes chansons chaque soir, je pense que notre jeu  lui-même en deviendrait ennuyeux !

©Rasmus Weng Karlsen

Poser nus sur les photos de promo de votre dernier album, c’était une idée à vous ?
Bo :
Non, c’était celle du photographe.
Kim : Rasmus est un jeune photographe très doué, il avait 23 ans à l’époque. Nous faisions une séance photo avec lui. Au bout d’une demi-heure, il nous a proposé de nous foutre à poil, et j’ai dit ok, pourquoi pas ! Bo aussi était partant. On a pris cette première photo où nous sommes de face, nus, avec nos lunettes, et nous cachons nos parties d’une main. J’ai regardé le résultat sur l’écran et j’ai dit : c’est ça ! Ce sera cette photo ! Nous en avons pris quelques autres et c’était bon.

Quel effet pensiez-vous produire avec ces photos ?
Kim : La photo attire l’œil : deux mecs maigres et blancs, deux frères, de même taille, plutôt beaux, sur un fond rose… Je trouve la photo magnifique, elle n’est pas vulgaire du tout. Nous n’avions pas pensé à une pose de ce genre au départ, mais quand nous avons vu la photo, elle s’est imposée à nous. Le son sur l’album est très épuré. Comme l’image, l’album est honnête, dans son plus simple appareil, il n’y a rien à cacher à part une petite partie.., mais il faut toujours un peu de mystère… Les femmes aiment cette photo !
Bo : Les couleurs sont vives et belles ! Nous avons fait la couverture du magazine français Abus Dangereux avec. Au Danemark, les magazines ont été frileux, c’était trop pour eux !

Votre son a-t-il beaucoup changé depuis les débuts de Powersolo ?
Kim : Chaque album est différent des autres, mais « Bloodsinkbones » ressemble peut-être un peu à notre premier,  « Lemon Half Moon  ». Il est produit d’une manière que nous aimons, avec un son brut, exactement comme nous le voulions, nous ne nous sommes pas posé de question. Si les radios aiment, c’est bien, sinon, ça n’a pas vraiment d’importance. Ce qui compte c’est qu’il plaise aux gens !

Propos recueillis par Céline M.

Site officiel
Powersolo on Myspace



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