Du noisy-ez3kiel ou de l’électro-hint ?
Arnaud Fournier et Hervé Thomas, originaires d’Angers, ont créé « Hint » en 1994. Touche-à -tout, ils ont navigué entre le rock alternatif, la noise et l’expérimental, en passant par la musique de film. Retour sur « Collision Tour », la tournée 2009 que ces multi-instrumentistes ont partagée avec EZ3kiel, après plusieurs années d’absence.
« Collision Tour 2009 » : quelle est la genèse de cette collaboration ?
Arnaud Fournier : J’ai reçu un jour un appel de Jarring Effects, qui nous proposait cette collaboration avec EZ3kiel pour les dix ans de leur festival « Riddim Collision », à Lyon. On a donc fait une résidence de trois jours au Brise-Glace d’Annecy pour deux concerts (Lyon et Annecy) qui devaient être uniques. C’était en septembre 2008. On a tellement pris notre pied pendant cette semaine qu’on a décidé de poursuivre l’histoire avec les dix concerts du « Collision Tour 2009 ».
De quelle manière avez-vous travaillé pour réaliser cette tournée ?
Arnaud : On s’est d’abord rencontré pour choisir les titres qu’on allait travailler, puis chacun a bossé les plans de son côté. On s’est retrouvé pour une première résidence de trois jours pour les deux concerts de 2008, puis une nouvelle résidence de trois jours avant la tournée de 2009. Six jours pour monter un set de 1 h 30, c’est extrêmement court, surtout en considérant qu’il allait y avoir captation en vue d’un dvd. Les répétitions étaient donc longues et intenses. Il faut avouer qu’on ne se sentait pas vraiment prêt à la première date.
Avait-elle une signification particulière pour vous ?
Arnaud : Pour Hint, oui. Car ça faisait plusieurs années qu’on n’avait pas fait de concert et plus de dix ans qu’on n’était pas partis en tournée. C’était un vrai bain de jouvence !
Un disque, un dvd « documentaire » avec de nombreuses entrées, un « digipack » travaillé… « Collision Tour » est très soigné. Pourquoi ?
Arnaud : C’est juste une envie de bien faire les choses. Hint comme EZ3kiel sont des groupes qui attachent beaucoup d’importance à l’image, aux visuels et à l’artwork. Comme on adore ce projet, il était évident que la trace physique de celui-ci devait être au top.
Pourriez-vous expliquer comment vous avez sélectionné les douze titres qui figurent sur l’album, repris sur le dvd ?
Arnaud : Sur l’album et le dvd live, on a choisi de mettre l’intégralité du concert dans l’ordre de son déroulement, pour faire une trace exacte de notre collaboration.
Sur scène, les musiciens paraissent être au milieu d’un laboratoire musical. Est-ce que vous vous considérez comme des précurseurs ?
Arnaud : C’est dû au fait que les deux groupes ont des univers très personnels, en dehors de toute mode et courant. Tout le monde compose uniquement en fonction de ce qu’il a dans les tripes, sans aucune forme de calcul. Ce qui peut donner parfois une musique assez expérimentale.
Pour Hint, je me dis qu’on a peut-être quelque chose de précurseur quand je réécoute nos albums qui paraissent un peu intemporels. En 1994, on n’était pas nombreux à jouer ce genre de musique allant de l’extrêmement calme à l’extrêmement violent, tout en projetant des vidéos en concerts.
Pourquoi les traditionnels visuels diffusés, par exemple, lors des concerts d’EZ3kiel n’ont pas été utilisés lors de la tournée ?
Arnaud : On s’est concentré sur la musique, avec en plus une très belle création lumière. Et les six musiciens avec tout ce matériel sur scène, c’est une superbe image en soi !
Rock, électro, fusion ou autre… Quelle est votre identité musicale ? En tant que groupes ? Et lorsque vous jouez ensemble ?
Arnaud : Concernant Hint, on nous a collé un tas d’étiquettes, toutes réductrices vu qu’on naviguait aux limites de plusieurs genres musicaux : noise, indus, free-jazz, ambient, hard-core, post-rock, etc… Quand on joue ensemble, il y a une identité globale qui ressort, c’est cohérent, mais dur à qualifier ! Ça pourrait être du noisy-ez3kiel ou de l’électro-hint… !
Quel regard portez-vous sur la scène française ?
Arnaud : Il y a une multitude de scènes françaises, toutes riches et diverses. Il y a toujours eu d’excellents groupes français. Certains arrivent à tourner et à s’exporter, d’autres restent malheureusement confinés dans des niches de passionnés, faute de prises de risques des programmateurs, des labels et des médias nationaux.
Travaillez-vous actuellement à différents projets ?
Arnaud : Je suis personnellement très occupé depuis dix ans avec La Phaze, et on n’est pas prêt de se reposer ! Hervé (second musicien de Hint) travaille en ce moment sur la musique d’un court-métrage.
Propos recueillis par Lilian Maurin
Crédit photos : Hippie Guitarist
Voir aussi la chronique de « Hint versus EZ3kiel Collision Tour 2009 ».




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