Four Dead In Ohio: Interview

Quatre Anglais en noyau psychédélique


Découverts en juillet dernier en première partie des Warlocks, les Four Dead In Ohio étaient de nouveau en concert à Paris le 4 décembre. Réalisée dans l’étroite coulisse de la Flèche d’Or cette interview était l’occasion de connaître un peu mieux ce groupe psychédélique anglais plus rodé à la scène qu’à parler d’eux.


Comment est né Four Dead In Ohio ?

Jakob Ohlen (guitare, chant) : C’était en 2007, autour d’un kebab.
Doug Mallett (guitare) : Jakob et Rick se connaissent depuis plusieurs années et jouaient ensemble dans un groupe. Stu et moi les avons rencontrés une nuit, à 4 heures du matin, dans un resto de l’East London. Nous avons commencé à discuter de l’état actuel de la scène musicale et avons décidé de former un groupe.

Quelle musique aimez-vous ? Quelles sont vos influences ?
Rick Mckay
(batterie) : Nous avons tous des influences différentes. Mais dans l’ensemble la musique des années 60, des années 90. The Doors, Hendrix, Soulwax, Black Rebel Motorcycle Club…
Jakob : Les trucs anciens oui, mais pas tellement la pop britannique shoegaze des années 90.

Pouvez-vous décrire votre musique ?
Stu North (basse) :
C’est un mur de son. Epique. Mais avec des mélodies.
Jakob : La mélodie est très importante. Nous ne nous contentons pas de faire des jams psychédéliques.
Rick : Oui, derrière le gros son, il y a toujours une chanson.

Diriez-vous que votre musique est psychédélique ?
Tous :
Oui. Mais au fond nous ne savons pas vraiment ce qu’est le psychédélisme. Chacun a son idée sur la question.
Jakob : Les gens disent que notre musique est psychédélique… alors j’imagine que c’est vrai ! Mais ce n’est pas ce que nous recherchons.

Jakob, Stu, Doug & Rick au grand jour

Composez-vous ensemble ?
Doug :
Jakob écrit toutes les paroles.
Jakob : Parfois, c’est une jam session qui devient un morceau : beaucoup de nos chansons se créent en répétition. Aucun d’entre nous n’arrive avec une chanson déjà achevée. Nous ne suivons pas une structure toute faite pour composer. Quelqu’un a une idée, juste un riff parfois, et après avoir travaillé à plusieurs ça devient une chanson.

De quels groupes vous sentez-vous proches ?
Jakob :
De pas tant que ça en fait. Musicalement, les Black Angels ne sont pas très éloignés de nous. Ce sont des gens très sympa et nous trouvons tous que leur groupe est très bon. Nous avons fait quelques dates avec eux en Angleterre. Un soir où nous allions dormir dans notre voiture car nous n’avions pas encore le van, ils ont eu pitié de nous et nous ont proposé de squatter dans leur chambre d’hôtel.

Votre musique s’intègre bien dans la scène psychédélique américaine…
Jakob :
Sur les dix dernières années, je préfère cette scène – avec Black Rebel Motorcycle Club, The Black Angels, et même les White Stripes et les Strokes – aux groupes de Grande-Bretagne.

A votre avis, existe-t-il un équivalent de cette scène en Angleterre ?
Jakob :
Non, je ne pense pas.
Stu : Le psychédélisme est à la mode, il y a de plus en plus de groupes dans ce genre.

Pourquoi jouez-vous sur scène avec un éclairage si minimaliste ?
Jakob :
Pour ne pas qu’on voie nos sales têtes ! Non, je ne sais pas. Quand on va à un concert, les musiciens ont les lumières dirigées sur eux, je n’aime pas tellement ça. Jouer dans l’obscurité crée une atmosphère qui colle bien à notre musique, et puis il y a aussi les projections derrière nous. On fait comme ça depuis notre premier concert.

Sur scène, dans le noir…

Quelles images projetez-vous pendant vos concerts ?
Stu :
Nous sommes des fans de cinéma. Ce sont des montages que nous avons faits avec Rick. Nous avons mis des extraits des films surréalistes d’Alejandro Jodorowsky, La Montagne Sacrée (1973) et El Topo (1970). Il y a aussi des scènes du Grand Bleu, des extraits de sketchs de l’humoriste anglais Tommy Cooper et des trucs filmés par Rick. Le résultat est un peu artisanal… nous ferons quelque chose de plus élaboré quand nous aurons plus de temps et d’argent !
Jakob : Les projections et la musique forment un tout car les images renforcent notre son. Nous essayons de créer quelque chose de différent de ce que font les autres groupes. Mais on commence à voir des groupes en Angleterre qui tentent de faire comme nous.
Rick : Cela dit, toutes les salles ne sont pas équipées d’écran et nous devons parfois nous passer de projections. C’était parfait à la Maroquinerie en juillet dernier, mais ce soir, ça semble compromis.

Pourquoi avez-vous choisi le titre d’une chanson de Neil Young comme nom de groupe ?
Jakob :
Je suis un grand fan de Neil Young et ça sonnait bien pour un nom de groupe. On avait un autre nom avant, mais on a dû en changer car il était déjà pris. Quelqu’un a suggéré qu’on ait un Etat américain dans notre nom. C’est vrai que nous sommes tous très influencés par les Etats-Unis. Nous voulions aussi nous distinguer des noms en « The ». Et puis nous sommes quatre dans le groupe ! Nous cherchions un nom qui soit très original et en même temps qui intrigue. Beaucoup de gens ne savent pas que c’est le titre d’une chanson de Neil Young.

Il n’y a aucun engagement moral dans ce choix alors ?
Jakob :
Hum… pas vraiment, non. Quand une chanson est bonne, si les paroles sont engagées, c’est du bonus.

Avez-vous déjà joué cette chanson tous les quatre ?
Stu :
Nous ne faisons pas vraiment de reprises.
Jakob : Ça nous est arrivé une fois pour Jesus Is Just Alright des Byrds. Mais c’est vrai que sur scène, comme nous avons toujours un temps limité pour jouer, nous préférons nous concentrer sur nos chansons. Je n’ai rien contre les reprises, si c’est bien fait ça peut être très intéressant.

Vous avez sorti deux singles jusqu’à présent, Jesus Won’t Dance In My High Heels et Taste Like The Good Love, que préparez-vous pour la suite ?
Doug :
Un EP, pour mars, si tout va bien.
Jakob : Ça sortira sur Yo Yo Acapulco, le label de Guy Lowman, notre manager.

Propos recueillis par Céline M.


Four Dead In Ohio on Myspace

Voir aussi le live report et les photos du 4 décembre 2009 à la Flèche d’Or.

Image de prévisualisation YouTube

Jesus Won’t Dance In My High Heels



  1. plo/paul on Samedi 2, 2010

    La video fait ressortir un coté « Hawkwind sans saturation » dans le son du groupe.
    Psyché !!!


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