The Third Sound<br />« The Third Sound »

Troisième dimension

Pour ceux qui n’auraient pas eu leur dose avec les 32 minutes de « Singapore Sling Must Be Destroyed », voici un excellent complément : The Third Sound, projet parallèle du guitariste Hákon Aðalsteinsson, qui fraye avec le groupe islandais depuis l’époque de « Taste The Blood Of Singapore Sling » (2005). Psychédélique et fuzz, forcément…

La famille s’agrandit. The Third Sound vient grossir les rangs néo-psyché des azimutés de la guitare réverbérée. Le guitariste islandais ne révolutionne pas le genre, et ne s’écarte pas fondamentalement de Singapore Sling, mais son side project apparaît moins noir, moins sombre. Ce premier album est distribué par Outlier Records, le label qui, justement, publiait récemment « Must Be Destroyed ». Dans la même veine, The Third Sound est tout aussi influencé par le shoegazing anglais de la fin des eighties-début des nineties, Spacemen 3, Ride, Jesus And Mary Chain, ainsi que par les chers Ricains de la côte ouest, BJM en tête…

Troisième son. Hákon Aðalsteinsson se revendique du « troisième son » : « lorsque deux notes vibrent fort et exactement ensemble, le résultat de la conjonction des ondes en résonnance est une troisième note, que des physiciens et géomètres ont tenté de déterminer, mais jusqu’à maintenant le mystère n’a pas encore été totalement résolu »*. The Third Sound est un projet qui a mûri lentement alors que le guitariste jouait les chats de gouttière en goguette sur les toits de Rome, avant d’être rejoint par son acolyte Francesco D’Onofrio et de formaliser les choses. Jusqu’à l’enregistrement de l’album, son mixage en Islande et un mastering à Berlin : un disque européen en somme… Aujourd’hui The Third Sound est devenu un quintette.

Et des notes qui résonnent, il y en a ici. Des qui fusent et des qui vibrent, des qui ondulent et des qui durent. Les liens avec Singapore Sling sont évidents sur certains titres comme Re-Elevation ou le violent J.S.D., enfumé d’une réverbération claustrophobe, écho pernicieux. Ce premier album contient son lot de guitares enfiévrées (At Heaven’s Gate, Re-Elevation, J.S.D.) et de claviers acides (The Third Sound, Re-Elevation, Going Down). Et quand The Third Sound prend le temps de se poser, jaillit la lumineuse Love/Perfected By Death, instrumentale intense qui aurait mérité une version longue, suivie de Long Way From Home, ballade moite en mode cool.

The Third Sound n’est certes pas le plus original des groupes de la scène psychédélique, ni ne se distingue par un caractère et une identité bien trempés comme certains de ses congénères shoegazers, mais Hákon Aðalsteinsson propose là un album sans faiblesse et ouvragé, dont se rappelleront longtemps ceux qui l’auront écouté.

Flavien Giraud

The Third Sound, « The Third Sound », Outlier Records/Kimi Records

*« Whenever two notes are sounded together loudly, precisely in tune and sustained, the conjunction of resonant waves results in a third note whose pitch geometers and physicists have tried to determine, but so far this question cannot be considered as completely resolved. »

The Third Sound on Myspace

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