The Flying Eyes<br />« The Flying Eyes »

Des yeux volants aux portes de la perception

Autant d’yeux que les plumes d’un paon. Pour autant de visions d’un blues psychédélique aux ailes de feu. Avec ce premier album, les Flying Eyes font la roue et ont de quoi séduire… à commencer par le label allemand Trip In Time.

Jim Morrison on t’a reconnu ! Oui, il y a comme des éléments à charge : des parties d’orgue acide stratégiquement disséminées, une guitare rock aux prétentions blues, le tout au gré de chevauchées opiacées et surtout la voix du chanteur Will Kelly, celle du shaman en colère qui s’éraille sans s’égarer… Comment ne pas penser aux Doors ? Alors quoi ? The Flying Eyes, gang de pastiche ? Niet. Car passé ce constat, la visite est plutôt excitante, et ce quatuor de Baltimore ne se limite pas à l’hommage poli ou à la caricature grossière. Et va bien au-delà, revendiquant au passage des influences plus modernes, comme les Black Keys et le Black Rebel Motorcycle Club. Ils en ont hérité des riffs lourds de fuzz caverneuse, ailleurs un tremolo et la guitare tremble comme la lueur d’une bougie dans la tempête (Around The Bend, King Of Nowhere).
Puisque c’est dans l’air du temps et que ces messieurs ont visiblement de la suite dans les idées, les Flying Eyes ont suivi les traces des Black Angels en créant leur propre festival psychédélique dans le Maryland : Farm Fest. A la campagne vraisemblablement…

Les yeux de la tête. Première porte d’entrée, Lay With Me dresse un panel des ambitions du groupe : la voix qui prêche dans la démence, des guitares qui bluesent, une basse qui ronronne, un riff qui ronfle comme un deux-temps et un solo sauvage que seuls un arpège et un violon parviennent à calmer. Bad Blood n’est pas en reste avec ses envolées d’orgue et une guitare sourde taillée pour la route.
Une pédale wah-wah, un grondement seventies (Don’t Point Your God At Me, Red Sheets), ou en mode blues crade (We Are Not Alive), et on pense à cette jeune génération des Radio Moscow et autres Mondo Drag qui ruent dans les brancards à grands coups de guitares et ressuscitent l’âge d’or, l’air de rien. Heavy évidemment. Jusqu’au King Of Nowhere, façon crépuscule poussiéreux, car il faut bien une fin.

« Bad Blood » EP et « Winter » EP (artwork by Christian Bland)

Tout cela est réuni dans un premier album, fusion de deux EP comme les deux faces d’un LP, par un groupe de kids qui pourrait sans détour rejoindre fièrement la famille psychédélique, qui s’étend et tend à contaminer une Amérique qui brûle comme jamais de ce feu souterrain.

Flavien Giraud


The Flying Eyes, « The Flying Eyes », World In Sound / Trip In Time

Site officiel
The Flying Eyes on Myspace




  1. Lars Larsen on Dimanche 9, 2010

    Je ne suis pas entièrement convaincu après plusieurs écoutes de l’album. C’est pas mauvais évidemment, mais pas exceptionnel non plus. Merci quand même pour la découverte!

  2. Tom on Dimanche 9, 2010

    Merci pour la découverte. Moi je suis entièrement convaincu. Un petit côté Black Keys mais plus rétro et plus psychédélique. 3ème écoute, et pas la dernière!


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