The Dead Weather<br />« Sea Of Cowards »

Bis repetita Vs Dead Songs

Longues discussions au sein de la rédaction de Rock Times après l’écoute de ce « Sea Of Cowards »… Plutôt que de se crêper le chignon et de mettre en péril l’avenir de notre lucrative entreprise, nous vous soumettons deux chroniques pour le prix d’une ! Le débat reste ouvert, à vous de trancher !

Bis repetita…

Moins d’un an après la sortie de « Horehound », la bande de Jack White fait de nouveau parler d’elle. Intitulé « Sea Of Cowards », ce deuxième opus s’inscrit pleinement dans la lignée de son prédécesseur. Pas de grands changements à l’horizon… juste 11 nouveaux titres qui ont le mérite d’être cohérents et réussis.

Si la plupart des groupes laisse filer bon nombre d’années entre deux albums, Jack White et ses comparses, Alison Mosshart, Dean Fertita et Jack Lawrence, eux, ne chôment pas. Malgré une tournée mondiale débutée avant même la sortie du premier disque, le quatuor revient ce mois-ci avec un nouvel opus enregistré dans les studios de l’ancien White Stripes. Masqués sur la pochette, les quatre membres du groupe révèlent pourtant leur identité dès les premières notes du titre d’ouverture, Blue Blood Blues. C’est à croire que « Sea Of Cowards » est la face B de « Horehound » tant les sonorités sont proches. Même frappe sèche sur la batterie, même basse baveuse électrifiée de fuzz, même riffs 70’s de guitare, même chant scandé… Les similitudes sont nombreuses. Toutefois, le groupe va plus loin dans l’expérimentation aux claviers et les bidouillages sonores se font plus nombreux (The Difference Between Us / I’m Mad / Looking At The Invisible Man). Contrairement aux White Stripes, Jack partage ici le soin de la composition. S’il signe seul le magnifique Old Mary, ses camarades ne sont pas en reste. Ainsi, la paternité de Hustle And Cuss revient à Dean Fertita et Alison Mosshart. Un morceau à inscrire avec I Can’t Hear You au Panthéon des titres chantés par la féline Alison. Autre particularité, ce « Sea Of Cowards », laisse une large place aux passages instrumentaux. Tout comme le single Die By The Drop, I’m Mad joue la carte des changements de rythme répétés tandis que Jawbreaker prend des airs de jam hallucinée. En résumé, peu de prises de risques sur ce disque qui recycle les bonnes vieilles recettes de « Horehound ». Mais il reste, somme toute, un album de bonne facture qui étoffera à merveille les setlists des prochains concerts.

Florian Garcia

Dead Songs

Quels temps pourris ! En l’an 2010, plus de musique. Le Brian Jonestown Massacre qui prévient de son intention de cultiver ses vers sur le dépouille de Sgt. Pepper, et Dead Weather maintenant qui invente une espèce de heavy hip hop new age allumé. Tout ça finit par donner des envies de pop sucrée.

Les deux premiers titres donnent le ton : des chansons scandées dans des intermèdes presqu’hip hop comme pour meubler entre les gros riffs… Les voix sont travaillées c’est certain, et souvent, comme sur Hustle And Cuss, Jack White prend un malin plaisir à doubler les vociférations fantasmagoriques d’Alison Mosshart. « I’m mad, haha » chante-t-elle, mais sa voix suffira-t-elle à rendre dingue ? Certes, Die By The Drop s’en tire plutôt bien dans le genre Mosshart sexy et White hystérique. On se laisse la place de jammer, ce n’est pas le souci, ça s’entend au détour de chaque morceau, mais toujours décousu, un break par ci, une cassure de rythme par là, des bruitages partout. Et puis ce Gasoline qui ressemble à une BO pour James Bond façon… Dead Weather : juste une histoire de gros son et de machine à riffs ?

Du riff hi-fi chez Jack White. Non, décidément les quatre n’auront pas réussi à refaire le hold up « Horehound ». Pas un morceau qui se détache ; pas de 60 Feet Tall ici, pas de 3 Birds ou de Will There Be Enough Water ?, rien du niveau de I Cut Like A Buffalo, au mieux la même chose en moins bien. L’effet de surprise, la magie de leur association, tout cela éventé, il ne reste que la science de Jack White, habile stratège à la tête de Third Man Records…

Car bien sûr la production de Mr White envoie la purée, le son est énorme, colossal (ja, kolossal !) ; on l’imagine dans son studio, avec une blouse blanche et les lunettes de petit chimiste qu’il portait dans « Coffee And Cigarettes » de Jarmush, où il présentait sa bobine Tesla à Meg. Problème numéro un, ce son du futur tout en guitares ronflantes ultra-calorifiques finit par en devenir indigeste. Problème numéro deux, l’écoute de ce second Dead Weather met le nez au-dessus d’un grand vide, celui laissé béant par les White Stripes et les Kills. Entendre Jack White III et Alison Mosshart hurler à la mort fait toujours son petit effet, mais Dead Weather ressemble de plus en plus à une armée en guerre, sans la moindre faille, avec armes de destruction massive ; et oui, les bluettes blues de derrière les fagots des White Stripes, les bricolages des Kills, tout cela manque ! Le temps qui passe une fois de plus. Et qui s’accélère au point qu’on en devienne nostalgique à moins de dix ans de recul. Chienne d’époque.

Flavien.G


The Dead Weather, « Sea Of Cowards », Third Man Records / Warner Bros

Site officiel
The Dead Weather on Myspace




  1. paul on Jeudi 20, 2010

    J’ai déjà pas forcément accroché sur le premier LP, visiblement pas de grande surprise à attendre de celui-ci…c’est triste. La recette à l’aire bonne mais il y a des jours ou la pate ne prend pas.

  2. Lars Larsen on Jeudi 20, 2010

    Dead Weather, c’est comme le Real Madrid : des gros noms mais une année sans titres.

    Ce groupe est vraiment naze.


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