The Black Ryder<br />« Buy The Ticket, Take The Ride »

Ticket To Ryde

Livré par kangourou express, l’album des Black Ryder vient enfin combler les attentes que les prémisses du groupe suscitaient. Comme prévu, la musique d’Aimee Nash et Scott Von Ryper est lancinante et sensuelle, planante et psychédélique. Magnifique.

Formé en 2007 en marge instable des Morning After Girls, le duo australien a fini par prendre corps et accoucher du versant sombre et plus rugueux d’un même trip astral. Et pendant que leurs anciens acolytes s’en allaient pop en poche se réformer à New York, les deux Black Ryder ont continué de creuser les fondations de leur avenir à Sydney. Signe des temps, l’album est fait maison et sort sur leur propre label : The Anti-Machine Machine. Comme il est courant dans ce petit milieu, et puisque de hasard il n’y a point, le groupe a accompagné The Brian Jonestown Massacre, Black Rebel Motorcycle Club et The Raveonettes en tournées australiennes. Le couple a donc pu compter sur le soutien d’une flopée d’invités parmi lesquels Ricky Maymi du BJM, Leah Shapiro, collaboratrice régulière de bien des projets et désormais batteuse officielle du BRMC, dont Peter Hayes vient également poser ça et là une guitare ou un harmonica. Excusez du peu !

Pretty in black…

Douce descente. To Never Know You vous aspire dans le disque de belle manière avec sons de bandes inversées, et la voix d’Aimee Nash, troublante, pure et enveloppante… Puis Let It Go libère les sirènes des guitares et lorsque Scott Van Ryper prend sa partie de chant (Grass), on est en plein shoegazing, avec guitares chamboulées sur nappes de claviers. Tout au long du disque, se répandent les influences éthérées de Mazzy Star (The Greatest Fall, Rise), ou encore l’ombre tutélaire du Brian Jonestown Massacre (All That We See). Souvent l’équilibre oscille et vacille entre douceur féminine et des guitares passant d’une ligne claire acide à des hachures saturées (Outside). Côté mur du son, Gone Without Feeling (avec ses voix fantomatiques et impénétrables) et What’s Forsaken sont de tortueux enchevêtrements de guitares rythmées au shaker. Et puis soudain une vieille gratte avance au milieu de nulle part, avec l’assurance de boots en python que l’harmonica n’arrêtera pas : c’est le western mélancolique Sweet Come Down, désertique, qui annonce la douce redescente, et Burn And Fade puis Rise se dissipent et flottent dans les limbes où ils effleurent l’éternité.

La belle Aimee Nash et le ténébreux Scott Von Ryper sont les Black Ryder et cet album est leur ticket d’entrée pour le club de leurs pairs psychédéliques, qu’ils rejoignent avec les honneurs, c’est certain. Black Ryder. Avec un Y.

Flavien Giraud

The Black Ryder, « Buy The Ticket, Take The Ride », Anti-Machine Machine/EMI Australia

Site Officiel

The Black Ryder on Myspace

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« Buy The Ticket, Take The Ride », Sweet Come Down




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