Solex vs. Cristina Martinez + Jon Spencer, « Amsterdam Showdown, King Street Throwdown ! »

Rixe électro

L’infernal rockeur Jon Spencer (Blues Explosion) a encore frappé. Inconditionnel du projet parallèle, il a cette fois collaboré, avec sa femme Cristina Martinez, à la dernière création de Solex – la DJ hollandaise Elisabeth Esselink –, l’album « Amsterdam Showdown, King Street Throwdown ! ». Rencontré à Paris pendant une tournée avec Heavy Trash, il nous a détaillé la genèse de l’objet.

« J’ai rencontré Solex à Amsterdam pendant une tournée avec Heavy Trash ; elle faisait DJ pendant les concerts. Nous avons parlé de musique et de ma femme, Cristina, qui n’avait plus vraiment de projet dans la musique. Je savais qu’elle avait envie de s’y remettre et qu’elle aimait beaucoup Solex. J’ai alors proposé qu’elles travaillent ensemble et me suis retrouvé embarqué moi aussi ! Pendant une tournée en Europe, j’avais trois jours de libre : je suis allé à Amsterdam et Cristina m’a rejoint au magasin de vinyles d’Elisabeth. Il y a un studio sur place où nous avons enregistré nuit et jour. Elisabeth avait déjà bien avancé donc nous avons simplement ajouté des parties de voix, de guitare, de basse, etc, à ses chansons. Je crois que c’était il y a trois ans. Nous sommes repartis et Elisabeth s’est remise au travail puis elle nous a envoyé les bandes à New York où nous avons fait de nouveaux enregistrements, au studio de Matt Verta-Ray. Nous avons renvoyé le résultat à Amsterdam et elle a repassé du temps sur le mixage… L’album sort enfin aujourd’hui ! J’en suis très content. Je pense que Solex est une artiste unique : j’aime son approche des chansons et du son. »

Sur le Ring
. « Amsterdam Showdown, King Street Throwdown ! », ou l’affrontement en quinze titres électro, groovy et déglingués du couple punk rock sexy de Boss Hog et de l’inventive Elisabeth / Solex. En voyage outre-Atlantique, du studio Aftrap (King Street, à Amsterdam), au NY Hed Studio, les pistes de l’album ont fait feu de tout bois, dont celui de la guitare de Verta-Ray. Le rappeur Mike Ladd est un autre invité, sur R Is For Ring A Ding et Action, aux astucieux arrangements de cuivres et autres sonorités électroniques, rythmiques ou mélodiques. Mais le grand vainqueur de cette rixe, c’est Spencer, dont la griffe et la gouaille ont raison de plus d’un titre. S’il feule, rugit, vocifère parfois, entre onomatopées délirantes et interjections truculentes, Cristina se contente plutôt de miaulements. Et l’on se prend à regretter ses démonstrations de furie des premiers Boss Hog. Car la femme de cet album-ci est le plus souvent vaguement lointaine, dans les choeurs de Don’t Hold Back, ou désincarnée, avec au choix une voix d’annonce d’aéroport, Fire Fire, de générique de dessin animé japonais des années 80, Galaxy Man, ou de baby doll, The Uppercut. Elle reprend heureusement les rennes le temps d’un échange ping-pong avec Spencer pour une histoire de chien écrasé (Dog Hit), ou d’une grisante course Racer X dans un bolide lancé à contre-sens « Faster faster faster ! », entre coups de klaxons frénétiques et crissements de pneus.

Théâtral, chaque titre est  prétexte à une affaire improbable (Aapie prodigue des conseils aux propriétaires de singes), et prouve que, non, ses auteurs ne se sont pas pris au sérieux… jusqu’à l’expéditif et hoquetant Er Ez Ex, queue de poisson finale. Une collaboration ludique donc, mais un peu anecdotique.

Céline M.

Solex vs. Cristina Martinez + Jon Spencer, « Amsterdam Showdown, King Street Throwdown ! », Bronzerat

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« Amsterdam Showdown, King Street Throwdown ! » : trailer

(Attention, cette vidéo prend des libertés avec les faits réels !)



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