Seasick Steve<br />«Man From Another Time»
Happy (To Have A Job)

Quand on débute sa carrière de musicien après soixante ans, on n’a pas de temps à perdre entre la parution de chacun de ses albums. C’est donc un quatrième opus, « Man From Another Time », que le bluesman américain Seasick Steve a concocté pour début novembre. Douze morceaux au blues brut et artisanal qui transportent effectivement dans une autre époque.

« I don’t know why you wanna listen to what I got to say at all / Don’t you got nothing better to do ? ». Pour quelqu’un qui se pose ce genre de questions dans l’éponyme Man From Another Time, Seasick Steve ne semble pas douter tant que ça. Quatre albums depuis 2004, des tournées qui s’enchaînent et un succès toujours grandissant : les anecdotes du bluesman semblent avoir encore de belles heures devant elles.

Seasick Steve_Diddley bo_photo myspace
Seasick Steve au diddley bo

L’esprit du Delta. Pour ces nouveaux morceaux enregistrés en analogique, Seasick Steve a privilégié un son authentique et des arrangements épurés. Seul le batteur Dan Magnusson, fidèle au poste pendant les tournées, a apporté sa contribution à quelques titres. Pour le reste, Steve s’est mis à nu avec les instruments rafistolés qui ne le quittent pas : three-stringed trance guitar, cigar box guitar et d’autres merveilles encore. Il ouvre son album sur une ode au diddley bo, sa guitare la plus rudimentaire – à une corde – sur laquelle il slide tout en expliquant gaiement et en rythme comment s’en fabriquer une soi-même. « Man From Another Time » alterne des titres rythmés et entraînants, où le pied tonique bat la mesure (Wenatchee), avec des titres très mélancoliques où la voix rocailleuse de Steve est ourlée d’à peine quelques notes (The Banjo Song). Dans l’ensemble, l’influence du Delta n’est jamais loin ; Robert Johnson pour les compositions les plus limpides (Just Because I Can (CSX)), John Lee Hooker pour Dark où guitare et voix s’entrelacent tristement, R.L. Burnside pour les morceaux où le blues se teinte de rock et où les riffs se font plus agressifs (That’s All). Parfois fantasque, lorsqu’il fait part de sa lubie pour un gros tracteur vert John Deere (Big Green And Yeller), grave et sage quand il s’adresse à sa femme (My Home (Blue Eyes)), Steve touche son auditeur par l’enthousiasme et le cœur qu’il met dans chacune de ses chansons.

Seasick Steve _John Deere_Press photo
Impossible de résister à ce récit sur la cueillette des pommes (Wenatchee) ou au Seasick Boogie qu’il lance petit à petit. Steve prévient, il n’est pas près d’en rester là : « It’d be the death of me ».

Céline M.

Seasick Steve, « Man From Another Time », Atlantic Records

Crédits photos : site officiel



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  3. bith1138 on Mercredi 28, 2009

    Vu au festival Musilac d’Aix-les-Bains le 17 juillet (2010). Un musicien comme on les aime, capable de faire naître une émotion vraie chez un public pas forcément élevé au boogie-blues, avec ses tranches de vie chantées et ses instruments « maison » plus improbables les uns que les autres… Donnez lui un morceau de bois, une canette de bière ou un enjoliveur de roue, une corde et un vieux micro rouillé, ils vous en fera quelque chose qui sonne (enfin, dont il sera certainement le seul à pouvoir jouer…). Vraiment une belle découverte ! J’ai acheté deux de ses albums en revenant du festival. Longue vie à lui, en lui souhaitant la reconnaissance qu’il mérite.


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