De là à succomber…
Avec « Special Moves », sorti à l’été 2010, le quintette écossais lançait déjà un avertissement : « Savourez ces lives et rendez-vous dans quelques mois pour du grand ! » Quelques mois plus tard, débarque « Hardcore Will Never Die, But You Will » avec son titre on ne peut plus accrocheur. Alors, faut-il oui ou non se laisser mourir au son du septième album studio d’une des formations les plus influentes du post-rock ?
Brisons le suspense. Après l’écoute de ce 12ème disque (BO et autres exercices compris), on navigue entre enthousiasme et déception. Si la patte et l’esprit sont toujours présents, l’envie de dire « Mogwai c’est sympa mais c’était mieux avant » persiste. Claviers, électronique et guitares demeurent les piliers de la forteresse écossaise. Le son flotte, bondit et change de cap au gré des frappes de batterie qui accompagnent chaque décollage musical, jusqu’à l’atterrissage. Mais, c’est indéniable, il manque quelque chose.
Exemple avec le premier titre, White Noise. Gentil, sans explosion. Mexican Grand Prix ? Les secondes passent et l’espoir de voir l’ambiance kitch de départ rehaussée d’une artillerie lourde reste vain. Soudain, du crunch, du vrai ! Rano Pano marquerait-il le retour de la cavalerie, reboostée par la foi d’un William Wallace ? La tête commence à battre le tempo. La mélodie laisse son empreinte et les images défilent. Enfin Mogwai offre à nouveau sa saveur univers, ce sentiment d’être un auditeur perdu au milieu de la course des astres. Plaisir prolongé avec Death Rays et son cocktail d’orgue et de distorsion. Les musiciens recouvrent leur rôle de ciseleurs de textures sonores. Nouveau changement. Comme si les morceaux percutants de l’album avaient besoin d’être introduits par d’autres, plus linéaires, les sonorités pop et contenues reviennent. Celles de San Pedro notamment, auxquelles succèdent le piano, les légères caresses sur les toms et les petits bends de guitare de Letters To The Metro, aux limites de l’électro. Quant à George Square Thatcher Death Part, How To Be A Werewolf et Too Ranging To Cheers, chaque mouvement reste agréable, exécuté avec talent, bien produit. Hélas, toujours cet ingrédient manquant, ce plaisir à moitié comblé.
Oui, un peu de déception à ce stade du disque. Mais n’exagérons pas, il ne fait pas si froid sur la planète Mogwai. Le temps est seulement un peu gris, avec une légère bruine. Et l’embellie de « Hardcore Will Never Die, But You Will » se fait juste attendre. You’re Lionel Richie, le dernier titre, est même plus que ça : un coup de soleil qui frappe de toutes ses forces. L’ambiance est là, entrecoupée de quelques breaks, et une séquence dédiée aux cordes. En fond, une sorte de réacteur qui chauffe. Enfin, apothéose ! Le volume augmente, une dose d’incontrôlable est réinjectée, avant une redescente sereine, presque en fermant les yeux. Mogwai est toujours en vie. Mais de là à succomber…
L.M.
Mogwai, « Hardcore Will Never Die, But You Will », Rock Action/Pias
Site officiel
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