Le poids de l’héritage…
Produit par Randall Dunn (Boris, Sunn O))), Kinski) et Dave Sardy (Oasis, Wolfmother, The Black Angels, Johnny Cash), le troisième album de Black Mountain mêle une nouvelle fois les différentes influences du groupe : rock, folk, psyché… Toutefois, avec un son plus moderne et peu de réelles bonnes chansons, ce disque ne peut rivaliser avec l’excellent « In The Future » sorti près de trois ans plus tôt.
C’est un fait, « Wilderness Heart » a la difficile tâche de succéder à « In The Future » qui avait révolutionné le petit monde progressif nord-américain en 2008. L’album des Canadiens concentrait à lui seul tout ce que le groupe fait de mieux : un rock puissant avec Stormy High, des compositions planantes avec Angels, Wucan ou Night Walks, sans oublier les ambiances folk hippy typiquement seventies dont Stay Free reste le meilleur exemple. Bien nommé, ce deuxième LP présageait du meilleur pour les années à venir et « Wilderness Heart » était donc attendu au tournant.
Un album inégal. Dévoilé au mois de juin, le single Old Fangs laissait entrevoir un disque plus conventionnel – une crainte aujourd’hui confirmée. En effet, les riffs seventies et les synthés futuristes sont utilisés sur cet opus avec bien plus de parcimonie que sur le précédent. Un état des lieux que The Hair Song résume parfaitement : sans être mauvais, ce titre ne décolle pas vraiment et lasse rapidement l’auditeur. Quelques bons morceaux sortent pourtant du lot, comme Old Fangs, The Way To Gone, Let Spirits Ride ou l’éponyme Wilderness Heart. Tous rappellent les grandes heures du quintette avec leurs constructions plus subtiles, leur tendance à lorgner vers le rock progressif et leurs sons de guitares et claviers plus aventureux. En deux mots, des titres qui ont ce grain de folie qui fait que Black Mountain n’est / n’était pas un groupe comme les autres. Malheureusement, cette marque de fabrique se perd au milieu de morceaux plus anecdotiques comme les ballades Radiant Heart, The Space Of Your Mind ou encore la mélancolique Buried By The Blues qui peine à convaincre avec ses nappes de synthé en guise de violons.
Question chant, le barbu Stephen McBean conforte ici sa place de leader, ne laissant que trop peu d’espace à la timide Amber Chamber souvent reléguée au rang de backing vocals. Dommage, car le duo fonctionne à merveille lorsque les rôles sont équitablement répartis (Wilderness Heart, Old Fangs).
Black Mountain sera en concert à la Maroquinerie le 4 octobre prochain, l’occasion, en live, de laisser une deuxième chance à l’album ?
Florian Garcia
Black Mountain, « Wilderness Heart », Jagjaguwar / Differ-ant
Old Fangs
Hair Song



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